Au large des côtes tanzaniennes, l’île de Mafia émerge comme un joyau méconnu de l’océan Indien occidental. Cette destination authentique, située à seulement 160 kilomètres au sud de Zanzibar, offre une expérience de plongée exceptionnelle dans un environnement préservé. Contrairement à sa célèbre voisine, Mafia a su conserver son caractère sauvage et son authenticité africaine, loin des foules touristiques. Les eaux cristallines qui entourent cet archipel abritent l’une des plus riches biodiversités marines de la région, protégée par le premier parc marin de Tanzanie. Cette île paradisiaque combine harmonieusement la richesse de ses fonds marins, la présence fascinante des dauphins et l’immersion dans une culture swahilie authentique.

Géographie et écosystème marin de l’archipel de mafia

L’archipel de Mafia s’étend sur une superficie marine de 821 kilomètres carrés, formant un complexe d’îles et d’atolls coralliens d’une beauté saisissante. L’île principale mesure 50 kilomètres de long sur 15 kilomètres de large, entourée d’une barrière de corail qui crée un lagon aux eaux turquoise. Cette configuration géographique unique génère une diversité d’habitats marins exceptionnelle, depuis les herbiers de phanérogames marines jusqu’aux récifs coralliens en passant par les zones de mangrove.

Le parc marin de Mafia Island, établi en 1995, constitue la plus grande aire marine protégée de Tanzanie. Cette réserve naturelle englobe non seulement les eaux côtières mais également les écosystèmes terrestres adjacents, créant un continuum écologique remarquable. Les scientifiques marins ont répertorié plus de 48 espèces de coraux différents et plus de 400 espèces de poissons dans ces eaux protégées.

Récifs coralliens de chole bay et biodiversité sous-marine

La baie de Chole représente le cœur névralgique de la biodiversité marine de l’archipel. Ces récifs coralliens, préservés des dégâts causés par le phénomène El Niño de 1998 grâce aux apports d’eau douce des rivières, abritent une faune exceptionnellement dense. Les formations coralliennes se déclinent en jardins de coraux durs, en patates coralliennes isolées et en murs verticaux spectaculaires.

La santé remarquable de ces écosystèmes coralliens s’explique par la protection naturelle offerte par la baie et par les courants marins qui apportent continuellement des nutriments. Cette richesse nutritive favorise l’épanouissement d’une chaîne alimentaire complexe, depuis le zooplancton jusqu’aux grands prédateurs pélagiques.

Mangroves de kilifi creek et nurseries aquatiques

Les mangroves qui bordent certaines zones côtières de l’archipel constituent des écosystèmes de transition cruciaux entre les milieux terrestres et marins. Ces forêts amphibies servent de nurseries naturelles pour de nombreuses espèces de poissons juvéniles, notamment les vivaneaux, les carangues et les barracudas. La complexité structurelle des racines de palétuviers offre refuge et nourriture à une multitude d’organismes marins.

Ces zones humides côtières jouent également un rôle fondamental dans la filtration des eaux et la stabilisation des sédiments. L’exploration de ces mangroves en kayak ou en paddle révèle

la richesse de ces nurseries aquatiques et la manière dont les jeunes poissons utilisent chaque recoin de ce labyrinthe de racines comme une véritable « école maternelle » de l’océan. En les parcourant silencieusement, vous observez crabes violonistes, huîtres de mangrove, éponges et juvéniles de poissons-papillons, illustrant le lien intime entre mangroves, récifs coralliens et haute mer.

Topographie sous-marine et formations géologiques du canal de mafia

Au-delà de la barrière récifale, la topographie sous-marine du canal de Mafia se caractérise par une succession de tombants, de canyons et de pinacles rocheux. Ces structures géologiques, parfois abruptes, plongent de quelques mètres à plus de 40 mètres de profondeur, créant des parois vertigineuses recouvertes de gorgones, d’éponges barriques et de coraux fouets. Pour le plongeur confirmé, évoluer le long de ces falaises sous-marines donne la sensation de survoler un paysage de montagne inversé.

Ces formations géologiques résultent de l’activité tectonique du rift est-africain et de l’accumulation de dépôts coralliens au fil des millénaires. Les zones de rupture de pente, où le plateau récifal se termine brutalement, servent souvent de lieux de passage aux espèces pélagiques comme les thons, carangues géantes et requins de récif. C’est précisément à ces interfaces entre les faibles profondeurs et le large que la vie marine se concentre, offrant des scènes de chasse spectaculaires aux plongeurs en quête d’adrénaline.

Dans certaines sections du canal de Mafia, on observe également des plates-formes sableuses profondes ponctuées de blocs rocheux isolés. Ces « oasis » sous-marines abritent une faune benthique discrète mais fascinante : raies pastenagues enfouies, poissons-crocodiles camouflés et crevettes nettoyeuses qui entretiennent de véritables stations de nettoyage pour mérous et carangues. Pour les amateurs de plongée d’exploration, cette topographie variée permet de combiner plongée dérivante, observation fixe et photographie grand angle au cours d’un même séjour.

Courants océaniques et thermoclines dans les eaux de l’océan indien occidental

Les eaux entourant l’île de Mafia sont fortement influencées par les régimes de courants de l’océan Indien occidental et par les marées semi-diurnes. Deux systèmes de vents alternent au cours de l’année : les alizés de sud-est (Kusi) et les alizés de nord-est (Kaskazi). Ces vents, combinés aux différences de température de surface, génèrent des courants parfois puissants qui nourrissent les récifs en nutriments. C’est ce « tapis roulant » océanique qui explique en grande partie la densité de poissons et la richesse des plongées dérivantes à Mafia.

Pour le plongeur, comprendre ces courants est essentiel, car la plupart des immersions sont planifiées en fonction des horaires de marée et des coefficients. Lors des marées de vives-eaux, les flux sont plus soutenus, offrant des dérives spectaculaires sur des sites comme Kinasi Pass ou Dindini Wall, tandis que les marées de mortes-eaux permettent des plongées plus calmes, idéales pour l’observation macro. Des thermoclines peuvent également apparaître, formant des couches d’eau plus fraîche entre 15 et 25 mètres de profondeur, parfois visibles comme un léger voile trouble.

Ces thermoclines, comparables à une fine couverture superposée à la surface chaude, jouent un rôle déterminant pour la répartition des espèces. Certaines, comme les requins gris de récif ou les thons, préfèrent évoluer près de ces zones plus fraîches et riches en oxygène. Pour vous, plongeur ou plongeuse, traverser une thermocline revient un peu à passer d’une saison à l’autre en quelques secondes : la température baisse soudainement de 1 à 3 °C, la visibilité peut changer, et souvent, la densité de vie s’intensifie. Les centres de plongée locaux intègrent systématiquement ces paramètres dans la planification de leurs sorties pour optimiser à la fois la sécurité et la qualité des observations.

Sites de plongée emblématiques et techniques de plongée spécialisées

L’île de Mafia est réputée pour la diversité de ses sites de plongée, allant des jardins coralliens peu profonds aux tombants exposés au large. Chaque zone possède sa propre identité, son relief spécifique et des conditions de courant particulières. Que vous soyez débutant, photographe macro ou adepte de plongée dérivante, l’archipel propose un éventail d’immersions qui répond à tous les profils. La clé d’un séjour réussi ? Bien choisir ses sites en fonction de son niveau, des marées et de la saison.

Les centres locaux, familiers des caprices du canal de Mafia, adaptent quotidiennement les plongées : positionnement du mouillage, durée au fond, profondeur maximale, vitesse de dérive. Vous découvrirez rapidement que la plongée à Mafia est autant une aventure naturaliste qu’un exercice de lecture de l’océan. En adoptant les bonnes techniques – maîtrise de la flottabilité, position hydrodynamique, gestion de la consommation – vous profiterez pleinement de ce terrain de jeu exceptionnel tout en minimisant votre impact sur les récifs coralliens.

Kinasi pass : plongée dérivante et pélagiques du large

Kinasi Pass est sans doute l’un des sites les plus emblématiques de Mafia pour la plongée dérivante. Situé à l’entrée de la baie de Chole, ce chenal naturel concentre les courants de marée qui s’engouffrent ou se retirent du lagon. Le relief y est spectaculaire : un pinacle qui remonte à environ 12 mètres, des cavernes latérales et des surplombs tapissés de coraux mous. Dans ces anfractuosités se cachent d’imposants mérous-patates, dont certains, familièrement baptisés par les guides, sont devenus de véritables mascottes du site.

Lors d’une plongée typique à Kinasi Pass, vous vous laissez porter par le courant le long de la paroi, en maintenant une flottabilité neutre et une position horizontale pour réduire la traînée. Cette technique de plongée dérivante, parfois comparée à un vol en parapente sous-marin, permet d’économiser l’effort tout en couvrant une grande distance. À la clé : bancs de vivaneaux et de carangues, barracudas, napoléons, tortues vertes et, avec un peu de chance, passage de thons ou de dauphins en chasse sur le tombant.

Pour profiter en toute sécurité de Kinasi Pass, un niveau Advanced Open Water ou équivalent est recommandé, avec une expérience préalable de la plongée en courant. Les briefings incluent généralement des consignes précises sur la descente contrôlée, l’utilisation éventuelle d’un parachute de palier et la procédure de regroupement en surface. Avec une planification adaptée aux marées et une bonne coordination avec le bateau suiveur, Kinasi Pass se transforme en véritable autoroute à poissons, sans jamais sacrifier la sécurité.

Dindini wall : exploration de tombant et faune benthique

Dindini Wall, situé à l’extérieur de la baie, est un long tombant qui s’enfonce progressivement vers le large. La paroi, couverte d’éponges massives, de gorgones et de coraux en fouets, offre un décor spectaculaire qui se prête à la photographie grand angle. En suivant la lèvre du tombant entre 18 et 30 mètres, vous survolez des cavités où se reposent mérous, raies et parfois requins de récif. Les plongeurs comparent souvent Dindini Wall à une cathédrale sous-marine, tant l’architecture du site est imposante.

Outre les bancs de poissons de pleine eau, la richesse de Dindini tient aussi à sa faune benthique, ces espèces vivant en contact avec le fond. En ralentissant le rythme, vous repérerez murènes géantes tapies dans les fentes, anémones abritant des poissons-clowns, crabes flèches, nudibranches aux couleurs vives et crevettes nettoyeuses. Ici, la meilleure technique consiste à alterner observation de la pleine eau et inspection minutieuse du substrat, comme si vous lisiez simultanément le grand format et les notes de bas de page d’un livre vivant.

Les conditions de courant sur Dindini Wall peuvent être soutenues, notamment lors des marées de vives-eaux et pendant la saison des alizés de nord-est. Un bon contrôle de la profondeur et la gestion de la flottabilité sont indispensables pour éviter de descendre involontairement le long du tombant. Les ordinateurs de plongée sont vivement recommandés, en particulier si vous enchaînez plusieurs plongées profondes dans la semaine. En respectant ces bonnes pratiques, Dindini Wall devient un terrain d’exploration idéal pour les plongeurs intermédiaires à confirmés.

Juani island Drop-Off : plongée technique en paroi verticale

Au large de l’île de Juani, célèbre pour ses plages de ponte de tortues, se trouve un drop-off réservé aux plongeurs les plus expérimentés. La paroi descend rapidement au-delà des 30 mètres, avec des sections verticales qui exigent une excellente maîtrise de la flottabilité et de la consommation d’air. Ce site, exposé au large, est particulièrement propice aux rencontres avec les grands pélagiques : raies aigles, requins de récif, thons à dents de chien et, plus rarement, requins-marteaux évoluant dans le bleu.

La plongée sur Juani Island Drop-Off s’apparente à une exploration technique, même lorsqu’elle reste dans les limites de la plongée loisir. Les conditions peuvent changer rapidement, avec des courants d’upwelling ou de downwelling (remontées ou descentes d’eau) qui imposent réactivité et sang-froid. Les centres de plongée y emmènent généralement des groupes restreints, composés de plongeurs Advanced et Deep certifiés, parfois équipés d’un nitrox pour optimiser le temps de fond tout en réduisant la saturation en azote.

Pour vous préparer à ce type d’immersion, il est conseillé de cumuler auparavant plusieurs plongées plus abritées autour de Chole Bay, afin de vous familiariser avec les spécificités des courants de Mafia. Une bonne stratégie consiste à se positionner légèrement en amont de la paroi, de façon à dériver parallèlement au drop-off plutôt que de le longer à distance trop proche. Cette approche vous permet de profiter du spectacle de la colonne d’eau tout en gardant une marge de manœuvre en cas de courant vertical imprévu.

Chole island gardens : plongée macro et photographie sous-marine

À l’opposé des tombants du large, Chole Island Gardens est un site peu profond (entre 5 et 15 mètres) qui séduit particulièrement les photographes macro et les plongeurs débutants. Ici, pas de courant violent ni de profondeur vertigineuse : vous évoluez au-dessus d’un jardin corallien en mosaïque, ponctué de patates de corail, de zones sableuses et de petites herbiers. Ce relief doux, combiné à une bonne luminosité, en fait un laboratoire idéal pour perfectionner votre flottabilité et votre technique de prise de vue.

La véritable richesse de Chole Island Gardens réside dans sa « petite faune » : hippocampes lovés dans les herbiers, poissons-fantômes, poissons-grenouilles, nudibranches multicolores, crevettes arlequin et crabes porcelaines. Observer ces créatures demande patience, œil affûté et une approche lente, presque méditative. Vous apprendrez rapidement qu’à Mafia, une plongée réussie ne se mesure pas seulement au nombre de requins aperçus, mais aussi à ces rencontres minuscules qui transforment chaque recoin de récif en tableau miniature.

Pour la photographie sous-marine, un objectif macro ou un compact équipé d’une lentille rapprochée fera des merveilles sur ce site. Il est recommandé de régler une flottabilité parfaite avant de tenter un cadrage serré, afin d’éviter tout contact involontaire avec les coraux. Les guides locaux, véritables « spotters », vous aideront à dénicher les espèces les plus camouflées, tout en veillant à ce que l’observation reste respectueuse. Une plongée de nuit sur Chole Island Gardens permet d’ailleurs de découvrir une faune encore différente : poulpes en chasse, danseuses espagnoles, crabes nocturnes.

Observation et nage avec les dauphins dans le marine park de mafia

Si l’île de Mafia est renommée pour ses requins-baleines, ses eaux abritent également plusieurs espèces de dauphins, dont les dauphins à long bec qui fréquentent régulièrement le parc marin. Les sorties d’observation combinant navigation, snorkeling et écoute attentive du clapotis des dauphins à la surface font partie des expériences les plus émouvantes d’un séjour sur place. Contrairement à certains sites surfréquentés de l’océan Indien, les rencontres restent ici relativement confidentielles, offrant un cadre plus serein et respectueux pour l’observation de ces cétacés.

Vous vous demandez peut-être comment se déroulent concrètement ces excursions d’observation des dauphins à Mafia ? Elles sont généralement organisées tôt le matin, lorsque la mer est encore calme et que les cétacés sont actifs en surface. Les boutres traditionnels ou les petites embarcations motorisées sillonnent les zones de passage connues, en respectant des protocoles stricts définis par l’autorité tanzanienne des parcs nationaux (TANAPA). L’objectif : maximiser les chances de rencontre tout en minimisant le dérangement pour les animaux.

Population de dauphins à long bec (stenella longirostris) et comportements sociaux

Les dauphins à long bec (Stenella longirostris) constituent l’espèce la plus fréquemment observée autour de Mafia. Ces dauphins de taille moyenne, reconnaissables à leur rostre effilé et à leurs acrobaties aériennes, vivent en groupes sociaux pouvant compter de quelques individus à plusieurs dizaines. On les repère souvent à leurs sauts caractéristiques, parfois interprétés comme des comportements de jeu, mais qui participent aussi à la communication et à la coordination du groupe.

Leur comportement varie au cours de la journée : phases de repos en surface, déplacements vers les zones de chasse, interactions sociales et jeux avec les juvéniles. Observer ces séquences sans les interrompre demande de la patience et une approche discrète. Les scientifiques estiment que ces populations de dauphins du canal de Mafia profitent d’un environnement relativement épargné, grâce à la faible densité de bateaux rapides et à la réglementation du parc marin. Pour vous, c’est l’assurance d’une rencontre plus authentique et moins « industrialisée » qu’ailleurs.

Lors des sessions de snorkeling, il arrive que certains individus s’approchent volontairement des nageurs, par curiosité. Cependant, il est essentiel de se rappeler que ces interactions doivent rester à l’initiative des dauphins. En gardant vos mouvements lents, votre respiration calme et en évitant les tentatives de poursuite, vous augmentez vos chances de vivre un moment privilégié, presque suspendu, dans le respect total du rythme des animaux.

Protocoles d’approche respectueuse et réglementation TANAPA

Le parc marin de Mafia est géré par TANAPA, qui a mis en place des règles précises encadrant l’observation des cétacés. Ces protocoles d’approche visent à réduire le stress des animaux et à éviter les comportements de harcèlement parfois observés dans d’autres destinations. Les bateaux doivent maintenir une distance minimale, réduire leur vitesse dans la zone d’observation et éviter de couper la trajectoire des groupes. Seule une embarcation à la fois est généralement autorisée à proximité immédiate des dauphins.

Pour les nageurs, les consignes sont tout aussi claires : pas de plongeons bruyants, pas de tentative de toucher les animaux, pas de flash en photographie rapprochée. Vous entrez dans l’eau depuis le bateau en douceur, puis laissez les dauphins choisir de s’approcher ou non. Cette philosophie de « non-interférence active » peut sembler frustrante si vous espériez une interaction spectaculaire, mais elle garantit la pérennité des comportements naturels et le bien-être des cétacés à long terme.

Certains opérateurs locaux vont plus loin en proposant un briefing naturaliste avant chaque sortie, expliquant les bases de la biologie des dauphins, les signes de stress à reconnaître et les bonnes pratiques à adopter. En tant que visiteur, vous devenez ainsi un acteur de la conservation, et non un simple consommateur d’images. À l’échelle d’une saison, cette approche responsable fait toute la différence pour maintenir Mafia comme un sanctuaire privilégié pour l’observation des dauphins et des requins-baleines.

Zones d’observation privilégiées : ras mbisi et ras kisimani

Parmi les zones les plus propices à l’observation des dauphins figurent les caps de Ras Mbisi, sur la côte ouest de Mafia, et Ras Kisimani, à l’extrémité nord-ouest de l’île. Ces promontoires marins marquent des changements de bathymétrie et de direction de courant, créant des zones de concentration de poissons fourrage. Comme souvent en milieu marin, là où la nourriture abonde, les prédateurs ne sont jamais loin : c’est donc logiquement que les groupes de dauphins y sont régulièrement observés.

Les skippers locaux connaissent ces secteurs comme leur poche et adaptent leur route en fonction de la saison, de l’heure de la journée et des conditions de mer. En saison sèche, lorsque la visibilité est excellente, il n’est pas rare d’apercevoir les dauphins depuis le pont du bateau, évoluant dans une eau bleu cobalt. Par mer calme, vous pouvez parfois entendre leur souffle avant même de les voir, un peu comme on repère le clapotis d’un ruisseau avant de découvrir la cascade.

Ras Kisimani présente également un intérêt historique, avec les vestiges d’un ancien village swahili submergé lors d’un affaissement côtier. Combiner une sortie d’observation des dauphins avec une exploration snorkeling des épaves peu profondes de cette zone permet de vivre une expérience double : naturelle et culturelle. Ras Mbisi, de son côté, est parfois associé aux sorties requins-baleines en saison, ce qui offre la possibilité, sur une même journée, de croiser le plus grand poisson du monde et certains des cétacés les plus gracieux de l’océan Indien.

Techniques de snorkeling et équipement spécialisé pour l’observation cétacée

Observer les dauphins en snorkeling dans le parc marin de Mafia nécessite peu d’équipement, mais quelques choix judicieux peuvent améliorer considérablement votre confort et vos chances de profiter pleinement du spectacle. Une combinaison légère de 2 à 3 mm permet de rester longtemps dans l’eau sans se refroidir, même si la température dépasse souvent 26 °C. Des palmes de longueur moyenne, un masque bien ajusté et un tuba avec soupape anti-retour complètent le kit de base pour le snorkeling en Tanzanie.

Pour limiter votre impact et éviter de fatiguer inutilement, adoptez une technique de palmage lent et régulier, en gardant le corps en surface et les bras le long du corps. Imaginez que vous glissez dans l’eau comme un planeur plutôt que de « battre des ailes » : moins de bruit, moins d’éclaboussures, plus de discrétion vis-à-vis des dauphins. Un gilet de flottabilité ou un shorty flottant peut être utile si vous n’êtes pas à l’aise en pleine eau, afin de vous concentrer pleinement sur l’observation sans vous soucier de votre flottabilité.

Pour ceux qui souhaitent ramener des images, une action-cam ou un compact étanche fixé sur un support simple est préférable aux installations encombrantes. Rappelez-vous que vos mains doivent rester libres pour ajuster votre masque, votre tuba ou votre position. L’usage de perches télescopiques doit rester mesuré pour ne pas envahir l’espace des animaux. Enfin, un sac étanche à bord vous permettra de garder vos affaires électroniques et vêtements de rechange à l’abri des embruns tout au long de l’excursion.

Patrimoine culturel swahili et communautés traditionnelles de pêcheurs

Au-delà de ses récifs coralliens et de ses dauphins, l’île de Mafia est un territoire profondément ancré dans la culture swahilie de la côte est-africaine. Les villages de pêcheurs, avec leurs maisons en corail et en torchis, leurs boutres alignés sur le sable et leurs ruelles ensablées, offrent un visage de l’Afrique côtière que le tourisme de masse n’a pas encore transformé. Ici, la vie quotidienne reste rythmée par la marée, la prière et les saisons de pêche, plus que par les horaires des vols internationaux.

Les communautés locales vivent principalement de la pêche artisanale, de la petite agriculture et, de plus en plus, de l’écotourisme lié au parc marin. Vous croiserez des pêcheurs rentrant au petit matin avec leurs filets, des femmes préparant le poisson sous l’ombre des cocotiers et des enfants jouant au football sur les plages de sable blanc. En prenant le temps de vous arrêter, de saluer et d’échanger quelques mots en swahili, vous découvrirez une hospitalité simple, chaleureuse, qui reste l’une des grandes richesses de Mafia Island.

Le patrimoine swahili se manifeste aussi à travers les ruines arabes et germaniques de Chole Island, les petits cimetières aux stèles sculptées et les vestiges de forts côtiers. Ces traces matérielles rappellent le rôle historique de Mafia dans le commerce de l’océan Indien : épices, ivoire, esclaves et textiles transitaient autrefois par ces ports aujourd’hui ensablés. Une visite guidée des ruines, combinée à une balade dans les villages actuels, permet de comprendre comment ces communautés se sont réapproprié ces espaces, entre mémoire du passé et défis contemporains.

Hébergements authentiques et lodges écoresponsables sur l’île principale

L’offre d’hébergement à Mafia se distingue par son échelle humaine et son ancrage dans l’environnement local. Ici, vous ne trouverez pas de grands complexes hôteliers anonymes, mais plutôt des lodges intimistes, des écolodges sur la plage et quelques guesthouses familiales. Beaucoup de ces établissements ont adopté une approche écoresponsable : gestion raisonnée de l’eau, énergies renouvelables, réduction du plastique et intégration de la main-d’œuvre locale.

Les lodges situés à proximité de la baie de Chole bénéficient d’un accès privilégié au parc marin et aux principaux centres de plongée. Certains, installés dans d’anciennes plantations de noix de coco, offrent des bungalows sur pilotis ou des chambres nichées dans des jardins tropicaux luxuriants. D’autres misent sur une architecture plus rustique, avec toits de makuti (feuilles de palmier), douches en plein air et éclairage solaire, pour une immersion totale dans l’ambiance « pole pole » – doucement, doucement – chère à la culture swahilie.

En choisissant un hébergement engagé dans la préservation de l’environnement, vous soutenez directement les efforts locaux de conservation. De nombreux lodges reversent une partie de leurs revenus à des projets communautaires : financement d’écoles, soutien aux cliniques, programmes de sensibilisation à la protection des tortues et des requins-baleines. N’hésitez pas à poser des questions sur ces initiatives lors de votre réservation : c’est aussi une manière de vous assurer que votre séjour à Mafia Island reste en cohérence avec les valeurs d’un tourisme responsable.

Planification logistique et accès maritime depuis dar es salaam

Organiser un voyage de plongée à Mafia Island depuis Dar es Salaam demande un minimum de préparation, mais la logistique reste relativement simple. La plupart des voyageurs optent pour un vol domestique de 30 à 45 minutes au départ de l’aéroport international Julius Nyerere vers l’aérodrome de Mafia. Plusieurs compagnies locales opèrent ces liaisons quotidiennes en petits avions, ce qui impose des limitations de bagages – un point à anticiper si vous voyagez avec votre propre équipement de plongée.

À votre arrivée sur l’île, les lodges organisent généralement le transfert depuis l’aérodrome jusqu’à votre hébergement, en 4×4 ou en tuk-tuk, selon la distance et l’état des pistes. Quelques voyageurs aventureux choisissent encore l’accès maritime via le continent, en combinant route et bateau local, mais cette option est plus longue, moins confortable et plus dépendante des conditions météo. Pour un séjour plongée de 7 à 10 jours, le trajet aérien reste donc l’option la plus pratique et la plus sûre.

En termes de planification, il est recommandé de prévoir au moins une semaine sur place pour profiter pleinement des plongées, des sorties dauphins ou requins-baleines et des excursions dans les villages. Tenez compte des marées et des saisons : la période d’octobre à mars est idéale pour combiner excellente visibilité, plongées au large et observation des requins-baleines, tandis que la saison des pluies d’avril-mai limite certaines activités. Enfin, pensez à vérifier les conditions d’assurance plongée, les exigences médicales éventuelles et les délais de non-vol après vos dernières immersions, afin de rentrer de Mafia Island avec des souvenirs inoubliables… et en toute sécurité.