Tulum incarne aujourd’hui un paradoxe fascinant : cette destination emblématique de la Riviera Maya attire des millions de visiteurs chaque année, tout en tentant de préserver son authenticité et ses écosystèmes fragiles. Face à la massification du tourisme, une nouvelle approche émerge, privilégiant la découverte responsable et la valorisation du patrimoine naturel et culturel. Cette transition vers un tourisme régénératif n’est pas qu’une simple tendance, mais une nécessité pour protéger les ressources exceptionnelles de cette région mexicaine. Des hébergements biomimétiques aux circuits agroécologiques, en passant par la préservation du système aquifère maya, Tulum réinvente son modèle touristique. Cette transformation offre aux voyageurs avertis l’opportunité de découvrir une destination autrement, loin des circuits conventionnels et en harmonie avec les communautés locales.
Écotourisme et certifications environnementales : labels verts actifs à tulum
Le secteur hôtelier de Tulum connaît une mutation profonde avec l’adoption croissante de certifications environnementales reconnues internationalement. Ces labels garantissent aux voyageurs que leur séjour minimise l’impact écologique tout en soutenant l’économie locale. Selon les données de 2024, plus de 35% des établissements de la zone côtière possèdent désormais au moins une certification environnementale, contre seulement 12% en 2019. Cette évolution reflète une prise de conscience collective et une demande croissante des visiteurs pour des options d’hébergement durables.
Programme rainforest alliance et hébergements certifiés de la riviera maya
Le programme Rainforest Alliance s’impose comme une référence en matière de tourisme durable dans la péninsule du Yucatán. Cette certification exigeante évalue les pratiques environnementales, sociales et économiques des établissements. À Tulum, plusieurs hôtels boutiques ont obtenu ce label prestigieux en démontrant leur engagement dans la conservation de la biodiversité locale, la gestion responsable de l’eau et le respect des droits des travailleurs. Les établissements certifiés doivent notamment maintenir des zones de protection pour la faune native, utiliser des systèmes de traitement des eaux usées performants et favoriser l’emploi des communautés mayas environnantes.
Norme EarthCheck : hôtels et resorts écoresponsables de la zone côtière
EarthCheck représente le système de certification le plus rigoureux pour l’industrie touristique mondiale. Les propriétés certifiées doivent soumettre des données mensuelles sur leur consommation énergétique, leur production de déchets et leur empreinte carbone. Dans la zone hôtelière de Tulum, cette norme pousse les resorts à investir massivement dans les énergies renouvelables et les technologies vertes. Un resort certifié EarthCheck Platinum a récemment annoncé avoir réduit sa consommation d’eau de 47% en trois ans grâce à des systèmes de récupération d’eau de pluie et de recyclage des eaux grises.
Certification green key mexico pour les établissements durables de tulum
Green Key Mexico adapte les standards internationaux au contexte spécifique du pays, en mettant l’accent sur la protection des écosystèmes côtiers et la préservation du patrimoine culturel maya. Cette certification évalue 13 critères obligatoires et plus de 60 recommandations optionnelles, couvrant la gestion environnementale, l’éducation des clients et l’implication communautaire. Les établissements certifiés affichent des performances
en matière de réduction de la consommation d’énergie, de limitation des plastiques à usage unique et de formation du personnel aux bons gestes écologiques. Pour vous, voyageur, cela se traduit par des gestes simples : tri des déchets en chambre, changement de linge sur demande uniquement, recommandations pour économiser l’eau ou encore informations sur la faune et la flore locales. En choisissant un hôtel labellisé Green Key Mexico à Tulum, vous soutenez un modèle touristique qui cherche à réparer plutôt qu’à exploiter le territoire.
Initiative biosphere responsible tourism dans les projets hôteliers locaux
La certification Biosphere Responsible Tourism, portée par l’Institut du Tourisme Responsable, accompagne plusieurs projets hôteliers de la Riviera Maya vers un modèle plus globalement durable. À la différence d’autres labels très techniques, Biosphere intègre fortement les dimensions culturelles et sociales : intégration de l’artisanat maya dans la décoration, collaboration avec des coopératives locales, ou encore organisation d’ateliers de sensibilisation pour les clients. À Tulum, certains écolodges en jungle ont ainsi obtenu la certification en démontrant une gouvernance participative avec les communautés voisines et une réelle transparence sur leurs impacts.
Pour vous, c’est un repère utile si vous souhaitez que votre séjour à Tulum contribue concrètement aux objectifs de développement durable (ODD) fixés par l’ONU. Ces établissements s’engagent par exemple à mesurer et réduire leurs émissions de CO₂, à limiter l’artificialisation des sols ou à préserver les corridors écologiques pour la faune locale. En réservant dans un projet certifié Biosphere, vous ne payez pas seulement une nuit d’hôtel : vous participez à une démarche de tourisme responsable pensée sur le long terme.
Cenotes méconnus et conservation hydrologique du système aquifère maya
Impossible d’explorer Tulum autrement sans parler des cénotes, ces puits d’eau douce interconnectés qui forment l’un des plus vastes systèmes aquifères du monde. Au-delà de leur beauté, ils jouent un rôle crucial dans l’alimentation en eau de toute la péninsule du Yucatán. Or, la pression touristique et l’urbanisation rapide menacent cet écosystème invisible. Choisir des cenotes méconnus et soutenir une gestion responsable, c’est donc participer à la préservation d’un patrimoine autant hydrologique que culturel. Comment s’y prendre concrètement lors de votre prochain voyage à Tulum ?
Cenote calavera : plongée en apnée et préservation des eaux souterraines
Situé à quelques kilomètres seulement de Tulum Pueblo, Cenote Calavera est souvent moins fréquenté que les sites les plus médiatisés. Son nom (“crâne”) vient des trois ouvertures circulaires qui rappellent les orbites et la bouche d’un visage. Ici, l’eau cristalline se prête parfaitement au snorkeling et à la plongée, avec une visibilité souvent supérieure à 20 mètres. Pourtant, chaque crème solaire, chaque résidu chimique introduit dans le cenote finit par rejoindre la nappe phréatique commune à toute la région.
Pour limiter votre impact, il est recommandé de prendre une douche avant la baignade et d’éviter totalement les produits solaires, même dits “biodégradables”. Pensez aussi à choisir des opérateurs de plongée qui limitent la taille des groupes et respectent les protocoles de conservation. Vous verrez qu’en adoptant ces gestes simples, l’expérience au Cenote Calavera n’en est que plus forte : l’eau reste d’une limpidité rare et vous profitez d’un silence presque sacré, en phase avec la vision maya de ces lieux comme portes vers l’inframonde.
Gran cenote et protection de la nappe phréatique de la péninsule du yucatán
Gran Cenote fait partie des sites les plus connus autour de Tulum, mais il illustre aussi les efforts récents de gestion pour réduire l’impact de la surfréquentation. Des zones de baignade délimitées, des passerelles surélevées et des consignes strictes (pas de crème solaire, pas de nourriture à proximité de l’eau) contribuent à limiter la pollution directe. Les droits d’entrée, souvent perçus comme élevés, financent en partie l’entretien des infrastructures, la surveillance et le suivi de la qualité de l’eau.
En tant que visiteur, vous pouvez aller plus loin en privilégiant les horaires creux (ouverture le matin, fin de journée) et en évitant les comportements perturbateurs pour la faune (tortues, chauves-souris, poissons). Imaginez la nappe phréatique comme un immense réservoir commun, où chaque cenote n’est qu’une “fenêtre” : ce que vous y introduisez aujourd’hui circulera demain sous toute la péninsule. En gardant cette image à l’esprit, votre visite du Gran Cenote devient un véritable acte de tourisme durable à Tulum.
Cenote carwash : écosystème fragile et tourisme à faible impact
Le Cenote Carwash, appelé ainsi parce qu’on lavait autrefois les voitures à proximité, est un bassin ouvert entouré de végétation dense. L’été, une couche d’algues vertes recouvre parfois la surface, donnant au site une atmosphère presque irréelle. Sous l’eau, les racines d’arbres, les troncs immergés et les jeux de lumière composent un décor prisé des photographes et des plongeurs. Ce milieu est néanmoins très sensible aux perturbations : un excès de nutriments, un apport de produits chimiques et tout l’équilibre biologique peut être rompu.
Pour maintenir un tourisme à faible impact au Cenote Carwash, plusieurs bonnes pratiques s’imposent : limiter l’usage de palmes pour ne pas remuer les sédiments, éviter d’alimenter les poissons, rester à bonne distance des formations végétales et ne rien laisser derrière soi. Certains opérateurs locaux organisent d’ailleurs des séances de nettoyage participatif des rives et sensibilisent les visiteurs à la fragilité de cet écosystème. Participer à ce type d’initiative, c’est transformer une simple baignade en contribution directe à la conservation.
Réseau de cenotes sac actun : spéléologie responsable et archéologie subaquatique
Le système Sac Actun, dont une partie est accessible depuis la région de Tulum, est l’un des plus longs réseaux de grottes inondées au monde, avec plus de 350 kilomètres cartographiés. Ce labyrinthe souterrain abrite non seulement une biodiversité unique, mais aussi des vestiges paléoanthropologiques et archéologiques majeurs : ossements humains préhistoriques, céramiques mayas, restes d’animaux disparus. Autant dire que la spéléologie et la plongée dans Sac Actun exigent une responsabilité exemplaire.
Les centres de plongée sérieux limitent l’accès aux seuls plongeurs certifiés cave diving et imposent des protocoles stricts : pas de contact avec les parois, pas de déplacement de sédiments, pas de manipulation d’artefacts. Comme dans un musée subaquatique, l’idée est de voir sans toucher. Avant de réserver, n’hésitez pas à poser des questions sur la taille des groupes, la formation des guides et les mesures de protection mises en place. Ainsi, vous contribuez à préserver un patrimoine scientifique inestimable, tout en vivant une expérience de spéléologie responsable que peu de voyageurs ont la chance de connaître.
Mobilité douce et infrastructure cyclable dans le corridor Tulum-Cobá
Avec l’augmentation rapide du trafic automobile, les embouteillages et la pollution sonore sont devenus des problématiques majeures à Tulum. Pourtant, la région se prête idéalement aux mobilités douces : distances raisonnables, relief plat, climat favorable une grande partie de l’année. Le corridor Tulum-Cobá fait d’ailleurs l’objet de projets de développement cyclable qui visent à offrir une alternative concrète à la voiture. Et si, lors de votre prochain séjour, vous choisissiez le vélo ou la marche comme principaux moyens de déplacement ?
Réseau de pistes cyclables vers les ruines de cobá et muyil
Entre Tulum et Cobá, une piste cyclable dédiée est en cours d’extension le long de la route fédérale 109, permettant déjà de relier plusieurs communities mayas et cenotes intermédiaires. Même si tout le tronçon n’est pas encore entièrement sécurisé, les sections existantes offrent une expérience unique : pédaler à travers la jungle, croiser des petits villages, s’arrêter dans un cenote peu connu. De nombreux voyageurs optent aussi pour le vélo une fois sur le site archéologique de Cobá, où des locations sont proposées à l’entrée.
Vers Muyil, au sud de Tulum sur la route 307, l’infrastructure est plus fragmentée, mais plusieurs segments de routes secondaires peu fréquentées permettent de composer un itinéraire mixte vélo/colectivo. Pour réduire votre impact, privilégiez des loueurs qui entretiennent correctement leur flotte (freins, éclairage, casques) et proposent des cartes de pistes cyclables locales. En choisissant cette option, vous contribuez à diminuer la pression sur les transports motorisés tout en vivant le territoire à un rythme plus humain.
Vélos électriques et scooters écologiques : loueurs certifiés de la zone hôtelière
Dans la zone hôtelière de Tulum, plusieurs entreprises locales ont développé des offres de vélos électriques et de scooters à faible émission, parfois alimentés par des stations de recharge solaire. Ces solutions intermédiaires sont particulièrement adaptées si vous séjournez plusieurs jours et souhaitez vous déplacer rapidement entre plage, cenotes et Tulum Pueblo sans utiliser de taxi à chaque déplacement. Certains loueurs s’engagent dans des chartes de mobilité durable, avec entretien régulier des batteries et recyclage des pièces usagées.
Avant de louer, vous pouvez demander si l’entreprise applique des pratiques écoresponsables : entretien écologique (sans solvants toxiques), partenariats avec des hôtels durables, compensation carbone des trajets. En optant pour ces options, vous réduisez non seulement vos émissions, mais vous envoyez aussi un signal fort au marché local : la demande pour une mobilité propre à Tulum existe et mérite d’être renforcée. N’est-ce pas une manière simple et concrète d’aligner vos déplacements avec vos valeurs ?
Sentiers pédestres balisés de la reserva de la biosfera sian ka’an
La réserve de biosphère de Sian Ka’an, au sud de Tulum, est un terrain de jeu idéal pour la randonnée douce et l’observation naturaliste. Plusieurs sentiers balisés, notamment autour du site de Muyil, permettent de découvrir mangroves, lagunes et forêts tropicales sans recourir à des véhicules motorisés. Des passerelles sur pilotis ont été aménagées pour limiter le piétinement des zones humides et protéger les habitats d’oiseaux et d’amphibiens.
Pour une expérience réellement durable, il est préférable de partir avec un guide local certifié, qui connaît les zones sensibles, les périodes de nidification et les consignes de sécurité. Munissez-vous d’une gourde réutilisable, de chaussures fermées et d’un répulsif naturel pour éviter les produits chimiques agressifs. En marchant dans Sian Ka’an, vous prenez conscience d’une évidence : ici, la mobilité douce n’est pas seulement un choix écologique, c’est aussi la meilleure façon de se connecter intimement aux paysages et aux rythmes de la nature.
Gastronomie locale et circuits agroécologiques en territoire maya
Explorer Tulum autrement, c’est aussi s’intéresser à ce qui se trouve dans votre assiette. La péninsule du Yucatán est le berceau d’une gastronomie riche, issue de siècles d’interactions entre cultures mayas, espagnoles et caribéennes. Derrière chaque tortilla, chaque sauce ou chaque plat mijoté se cache un système agricole, des savoir-faire et souvent une histoire familiale. De plus en plus de projets agroécologiques et de restaurants farm-to-table à Tulum cherchent à reconnecter ces fils, du champ à la table, pour proposer une expérience culinaire cohérente avec les principes du tourisme durable.
Milpas traditionnelles : agriculture biologique maya et permaculture
La milpa est le système agricole traditionnel maya, associant maïs, haricots et courges dans une logique de complémentarité des plantes. Bien avant que le mot “permaculture” ne devienne tendance, les communautés mayas pratiquaient déjà une agriculture régénérative, reposant sur la rotation des cultures, la diversité végétale et le respect des cycles naturels. Autour de Tulum, plusieurs projets agroécologiques réactualisent ces pratiques ancestrales en y intégrant parfois des techniques modernes de compostage ou de récupération d’eau de pluie.
Certains circuits proposent de visiter ces milpas, de participer aux semis ou à la récolte, puis de partager un repas préparé avec les produits du jardin. Vous y découvrirez, par exemple, la préparation traditionnelle des tortillas de maíz criollo, l’usage du chile habanero ou du achiote. En soutenant ces initiatives, vous valorisez une agriculture à faible impact, qui préserve la fertilité des sols et la souveraineté alimentaire des communautés locales.
Marchés fermiers de tulum pueblo : producteurs locaux et commerce équitable
Au cœur de Tulum Pueblo, plusieurs marchés fermiers et points de vente éphémères se développent, souvent le week-end ou en soirée. On y trouve des fruits et légumes de saison, des fromages artisanaux, des confitures maison, mais aussi des produits transformés comme le café, le cacao ou le miel. Ces marchés fonctionnent généralement selon des principes proches du commerce équitable : prix fixés avec les producteurs, transparence sur l’origine des produits, parfois même préfinancement des récoltes.
Pour le voyageur, c’est une excellente occasion d’acheter des souvenirs comestibles de qualité (miel, épices, sauces piquantes) tout en limitant l’empreinte carbone associée aux produits importés. N’hésitez pas à discuter avec les producteurs, à leur demander d’où viennent leurs semences ou quelles pratiques agricoles ils utilisent. Un simple panier de fruits du marché peut alors devenir une véritable immersion dans l’économie locale de Tulum.
Restaurants farm-to-table : kitchen table et arca dans la philosophie zéro déchet
Parmi les restaurants emblématiques de la scène gastronomique de Tulum, certains se distinguent par une approche farm-to-table assumée et des efforts concrets en matière de réduction des déchets. Kitchen Table, installé en bord de jungle, travaille quasi exclusivement avec des produits de saison en provenance de fermes et de pêcheurs locaux. La cuisine ouverte et l’absence de grandes chambres froides encouragent une planification fine des menus pour éviter le gaspillage alimentaire.
Arca, autre adresse réputée, met en avant les ingrédients régionaux (maïs natif, poissons de pêche responsable, herbes sauvages) et a développé une démarche de valorisation maximale des produits : bouillons réalisés avec les parures, cocktails à base d’écorces d’agrumes, compostage des déchets organiques. Bien sûr, ces restaurants restent haut de gamme, mais ils servent de laboratoire inspirant pour démontrer qu’une gastronomie créative peut aller de pair avec une philosophie zéro déchet. En les choisissant en connaissance de cause, vous soutenez des modèles culinaires plus responsables à Tulum.
Apiculture melipona : miel sacré maya et coopératives apicoles régionales
La meliponiculture, ou élevage des abeilles sans dard Melipona beecheii, remonte à l’époque préhispanique et joue un rôle important dans la cosmologie maya. Le miel de melipona, très parfumé et produit en petites quantités, était autrefois utilisé à des fins médicinales et rituelles. Aujourd’hui, plusieurs coopératives apicoles du Quintana Roo et du Yucatán cherchent à relancer cette production, menacée par la déforestation, l’usage de pesticides et l’introduction d’abeilles exotiques.
Depuis Tulum, il est possible de visiter certaines de ces coopératives, d’observer les ruches traditionnelles en troncs creux et de participer à des ateliers de dégustation. Vous y apprendrez comment la protection des abeilles melipona contribue aussi à la pollinisation des cultures locales et à la résilience des écosystèmes. En achetant un petit pot de miel directement aux producteurs, vous soutenez une activité à la croisée de la culture, de l’économie sociale et de la conservation de la biodiversité.
Archéologie alternative et sites préhispaniques préservés hors circuits touristiques
Si les ruines de Tulum et de Cobá attirent l’essentiel des flux touristiques, la région regorge de sites archéologiques plus discrets, souvent intégrés à des projets de conservation écologique. Explorer ces lieux, c’est accepter de renoncer à certains “grands monuments” pour privilégier une approche plus intimiste et respectueuse du patrimoine. Ces sites moins connus permettent aussi de mieux comprendre la diversité des établissements mayas : centres cérémoniels, ports secondaires, villages reliés par des canaux… Êtes-vous prêt à élargir votre carte mentale de la civilisation maya ?
Zone archéologique de muyil : sanctuaire écologique et vestiges mayas authentiques
La zone archéologique de Muyil, à une vingtaine de minutes au sud de Tulum, offre une expérience radicalement différente des sites majeurs. Enclavée dans la jungle et en bordure de la réserve de Sian Ka’an, elle se compose de pyramides, de stèles et de structures cérémonielles enveloppées de végétation. L’affluence y est bien moindre, ce qui permet de prendre le temps d’observer les détails architecturaux et de ressentir la dimension spirituelle du lieu.
Muyil est aussi un point d’entrée privilégié pour des excursions combinant archéologie et écotourisme : après la visite, un sentier mène vers la lagune, où de petites embarcations communautaires proposent des balades à travers les canaux mayas. Les revenus générés servent en partie à financer la conservation des ruines et à soutenir les familles locales. En choisissant Muyil, vous favorisez un modèle qui articule intelligemment patrimoine culturel et sanctuaire écologique.
Ruines de chunyaxché et canaux précolombiens de la lagune de muyil
À proximité de Muyil, le secteur de Chunyaxché est souvent mentionné conjointement, car il englobe les anciens canaux précolombiens reliant les lagunes intérieures à la mer. Ces canaux, creusés et entretenus par les Mayas, servaient probablement au transport de marchandises et à la circulation rituelle. Aujourd’hui, certaines excursions proposent de “flotter” dans ces canaux avec un gilet de sauvetage, en se laissant porter par le courant à travers la mangrove.
Si cette activité peut sembler ludique, elle exige aussi une gestion très encadrée pour éviter l’érosion des berges et la perturbation de la faune. Privilégiez les opérateurs qui limitent la taille des groupes, respectent des horaires compatibles avec les cycles de la nature et reversent une part significative de leurs revenus à la communauté de Chunyaxché. Dans ce contexte, chaque baignade devient un dialogue respectueux avec une infrastructure hydrique vieille de plusieurs siècles.
Site de tankah : fresques murales et accès contrôlé pour préservation patrimoniale
Le site de Tankah, au nord de Tulum, est moins connu du grand public, en partie parce que son accès est plus contrôlé et souvent associé à des visites guidées privées. Niché entre jungle et mer, il abrite des structures résidentielles, des temples et surtout des vestiges de fresques murales qui nécessitent une protection particulière. Pour éviter les dégradations et les actes de vandalisme, le nombre de visiteurs est volontairement limité et la présence d’un guide est quasi systématique.
Cette gestion plus stricte peut surprendre, mais elle permet de préserver des éléments iconographiques rares, tout en conservant une atmosphère paisible. Pour les voyageurs en quête d’archéologie alternative à Tulum, Tankah représente une opportunité unique de découvrir un site littoral moins fréquenté, tout en acceptant les contraintes nécessaires à sa sauvegarde. En retour, vous bénéficiez d’explications détaillées et d’une immersion beaucoup plus qualitative que sur les grands sites surchargés.
Hébergements régénératifs et architecture bioclimatique dans la jungle tulumaise
Au-delà des labels et des bonnes pratiques, certains hôtels de Tulum vont plus loin en adoptant une approche véritablement régénérative : il ne s’agit plus seulement de réduire l’impact négatif, mais de générer un impact positif sur les écosystèmes et les communautés. L’architecture bioclimatique, l’usage de matériaux locaux et les systèmes autonomes d’énergie ou d’eau sont au cœur de cette nouvelle génération de projets. Tulum, avec sa jungle dense et son climat tropical, est devenu un laboratoire vivant de ces expérimentations architecturales.
Azulik : construction biomimétique et autonomie énergétique solaire
Azulik est sans doute l’un des exemples les plus emblématiques de cette tendance. Construit presque comme un nid géant au-dessus de la végétation, l’hôtel adopte une architecture biomimétique, inspirée des formes naturelles. Les structures en bois courbes, les passerelles suspendues et l’absence quasi totale d’angles droits créent une sensation d’immersion organique. Cette approche réduit l’usage de béton, limite l’imperméabilisation des sols et favorise l’intégration harmonieuse des bâtiments dans la canopée.
Côté énergie, Azulik investit depuis plusieurs années dans les panneaux solaires et des systèmes de gestion intelligente de la consommation. L’éclairage est volontairement limité le soir pour réduire la pollution lumineuse et respecter les cycles de la faune nocturne. Bien sûr, ce type d’hébergement reste exclusif et onéreux, mais il démontre qu’un autre rapport à l’architecture et à l’énergie est possible sur le littoral de Tulum.
Nomade tulum : système de phytoépuration et gestion intégrée des déchets organiques
Nomade Tulum, autre adresse phare de la zone côtière, se distingue par son travail sur la gestion de l’eau et des déchets. L’hôtel a mis en place des systèmes de phytoépuration, utilisant des plantes pour filtrer naturellement les eaux grises avant leur réutilisation ou leur infiltration contrôlée dans le sol. Ce type d’installation réduit la pollution des nappes phréatiques et limite le recours à des traitements chimiques coûteux.
En parallèle, Nomade a développé des programmes de compostage des déchets organiques de ses restaurants, transformant les restes de préparation en ressource pour les jardins et les projets agricoles partenaires. Des ateliers de sensibilisation sont parfois proposés aux clients, pour expliquer ces processus et montrer comment ils pourraient être adaptés à d’autres contextes. En séjournant dans ce type d’établissement, vous découvrez concrètement à quoi ressemble une gestion intégrée des déchets dans un environnement aussi fragile que la jungle tulumaise.
Habitas tulum : matériaux locaux et empreinte carbone négative
Habitas Tulum, membre d’un groupe hôtelier engagé dans la neutralité carbone, mise sur l’usage de matériaux locaux (bois certifiés, fibres végétales, pierre de la région) et des structures modulaires démontables. L’idée est de minimiser l’empreinte laissée sur le terrain, en permettant théoriquement un démontage complet du site sans destruction massive des sols. Les toitures végétalisées et les ouvertures étudiées pour favoriser la ventilation naturelle réduisent le recours à la climatisation, l’un des principaux postes énergétiques dans la région.
Sur le plan climatique, Habitas investit dans des projets de reforestation et de protection d’écosystèmes au Mexique et au-delà, avec un objectif d’empreinte carbone négative. Si la compensation ne doit jamais être un prétexte pour négliger la réduction à la source, elle peut, lorsqu’elle est sérieuse et vérifiée, compléter utilement un dispositif global. En choisissant ce type d’hébergement à Tulum, vous soutenez une vision du tourisme où chaque nuitée contribue, à son échelle, à restaurer plutôt qu’à dégrader la planète.